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LES CAHIERS DE DOLEANCES





     Des cahiers de doléances, il en subsite environ 60000 en France, ils sont une source d’informations essentielle pour savoir comment vivaient les Français il y a deux siècles. En voici quelques extraits :

Extrait du Cahier de doléances de Soulangis, Baillage de Bourges, 1789 :

    Quatre-vingt-douze feux composent toute notre paroisse ; 700 personnes de tout sexe, de tout âge : voilà à peu près le nombre de ses habitants qui sont tous attachés à la glèbe. Situés à sept lieues de la rivière, éloignés des grandes routes et de la ville de plus de 3 lieues, ne pouvant avoir de communications que par des chemins impraticables, rien ne peut exciter leur industrie... Seize laboureurs, s'il est permis de nommer ainsi 8 ou 9 d'entre eux qui n'ont pour tout attelage que deux faibles chevaux, retournent toute l'année avec peine une terre ingrate à laquelle ils ne peuvent même donner les engrais nécessaires et dont le produit annuel est tout au plus de 3 pour 1. C'est cependant sur ce faible produit que le cultivateur est obligé d'acquitter ses redevances...

    Plus affligeante encore est la condition du manoeuvre pour qui chaque jour de pluie est un jour de disette; qui, courbé vers la terre du lever au coucher, ne peut arracher de son sein que le morceau de pain noir qui le soutient jusqu'au lendemain. Qu'on lui suppose une famille dans l'enfance, quels sont les moyens pour l'élever ? Que la vieillesse engourdisse son bras, quel est son appui ? Hélas ! il n'a d'autre ressource que de tendre ses mains durcies par le travail...

    Tel est le sort des suppliants. Ils n'ont pour tout bien que le faible prix de leur journée.Sur cette somme médiocre ils doivent prélever leurs impositions. Que leur reste-t-il pour subvenir à leur entretien, pour payer le sel, cet autre genre d'imposition si cruelle...Les autres tiennent des vignes en propriété ou à loyer. Ceux-ci sont souvent plus malheureux que les premiers. A peine leur récolte faite, ils sont pressés de toute part... Il faut de l'argent pour acquitter les dettes de l'Etat. Il faut de l'argent, oui, pour solder les appointements énormes de 100.000 employés... Il faut vendre ou plutôt donner ses denrées à vil prix pour payer la taille, la capitation, les dixièmes, les corvées, les redevances, pour acquitter les dettes qu'on a été forcé de contracter.

Comment lire ce texte, que peut-il nous apprendre sur les paysans ?


1°) Quand ce texte a-t-il été rédigé, par qui et pourquoi ?
2°) Coment les paysans cultivent-ils la terre ? Est-ce une manière efficace ?
3°) Quels problèmes le village rencontre-t-il ? Qui en est rendu responsable ?



extrait du cahier de doléances de Gastines

    Les Nobles seuls jouissent de toutes les prérogatives : richesses, honneurs, pensions, retraites, gouvernements, écoles gratuites. Ainsi la Noblesse jouit de tout, possède tout ; cependant, si la Noblesse commande les armées, c’est le Tiers Etat qui les compose ; si la Noblesse verse une goutte de sang, le Tiers Etat en répand des ruisseaux.La Noblesse vide le trésor royal, le Tiers Etat le remplit ; enfin le Tiers Etat paie tout et ne jouit de rien. Il serait souhaitable que les droits des seigneurs fussent abolis. Ils regardent ceux qui font valoir leurs biens comme de vrais valets, le laboureur qui les nourrit comme un esclave ; si un journalier à leur service succombe sous le faix, ils ensont moins touchés que d’un de leurs chevaux qui périt dans l’écurie. Il est compréhensible de connaître le mépris de la Noblesse pour la roture.


extrait du cahier de doléances de Valencay

    Les habitants se plaignent d’être surchargés de taille, capitation et autres impôts. Les droits sont très nuisibles au commerce du vin, tant en gros qu’en détail … Le sel, denrée si nécessaire à la vie non seulement des hommes mais aussi des bestiaux, est porté à un prix excessif. Pour remplacer tous ces impôts supprimés, le gouvernement établirait un impôt unique,en nature ou en argent,en y faisant contribuer les ecclésiastiques et les nobles qui doivent être assujettis comme le Tiers-Etat…

extrait du cahier de doléances du tiers de Montpellier

    L’Assemblée des Etats généraux ne doit pas se borner à réparer les maux actuels de la Nation, elle doit aussi travailler à assurer les principes de la Constitution. On doit tenir pour maxime constitutive que la loi qui garantit au Roi la puissance pour son peuple doit garantir au peuple la protection de son Roi.

extrait du cahier de doléances du baillage de Nancy

    L’objet dont les Députés doivent s’occuper essentiellement et en premier ordre est d’assurer à la France une bonne et solide Constitution qui fixe pour toujours de la manière la plus claire les droits du Trône et ceux de la Nation… Nous demandons que la liberté civile soit pleinement assurée et les lettres de cachet abolies pour jamais… Que la liberté de la presse soit établie et qu’on puisse sans visa ni permission imprimer toutes sortes d’écrits judiciaires et extra- judiciaires.

extrait du cahier de doléances de la noblesse de Montargis

    Mais les Nobles réclament aussi le maintien de leurs privilèges: Nous déclarons ne jamais consentir à l’extinction des droits qui ont caractérisé jusqu’ici l’ordre noble et que nous tenons de nos ancêtres…Nous prescrivons formellement à notre Député de s’opposer à tout ce qui pourrait porter atteinte aux propriétés utiles et honorifiques de nos terres.


Extrait du cahier des trois ordres du baillage de Langres

…le temps est arrivé, Sire, de poser les bases d’une juste répartition de l’impôt entre les citoyens…


Comment comparer ces textes

Ces textes mettent en avant les doléances et désirs des Français qui apparaissent le plus souvent dans les cahiers.

1°) Quels sont les mots importants ?
2°) Qui a écrit à Gastines et Valencay ?
3°) Qui a écrit à Montpellier et Nancy ?
4°) Quelle est l’attitude de la Noblesse de Montargis ?
5°) Qu’est-ce qui est important dans le dernier texte ?




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