Chanson contre le ci-devant roi et sur les trahisons de l'exécrable Bouillé ...

air : Catiau dans son galetas


Français, voici le moment
De montrer notre courage,
Louis fausse son serment.
Pour nous préserver de l'orage
Restons toujours bien unis
Et nous vaincrons nos ennemis. (bis)

Louis étoit notre ami
Nous le nommions notre père
Sans rien dire, il est parti
Hélas ! Qu'espéroit-il donc faire ?
C'est l'exécrable Bouillé
Qui dans la France a tout troublé. (bis)

Dans l'affaire de Nanci
Il eut en vain des louanges
Croyant avoir réussi,
Du vrai, du faux fit des mélanges
Sous le nom de citoyen
Ses faits montrent qu'il ne vaut rien. (bis)

Il voudroit par ses écrits
Faire aux Français des menaces
On les voit avec mépris
Les Français lui font des grimaces
Sa clique ne nous fait pas peur
Qu'il viennne s'il a du cœur. (bis)

Sa clique ne nous fait pas peur
Ce traitre est donc bien subtil
Pour vaincre la capitale
Sachant la route, dit-il
Mais la force nationale
Se mocque de ses discours. (bis)

Qu'il craigne plutôt pour ses jours
Bouillé se croit-il César ?
Seroit-il un Olopherne ?
Non, ce n'est qu'un babillard
Un réchappé de la lanterne
On a mis sa tête à prix. (bis)

Qu'il viennne, qu'il vienne à Paris
Vivre libre, c'est la loi
De tout le peuple de France
Mais soutenir un faux roi,
Tout bon Français autrement pense
Nous connoissons les vertus
Du vice nous n'en voulons plus.

BHVP n° 9312
Olopherne était un général dans l'Antiquité.

Cette chanson parle d'un des problèmes les plus difficiles pour les Révolutionnaires : la fuite du roi, le 20 juin 1791.
Bouillé, le cousin de La Fayette, était chargé d'assurer la protection du roi pendant la fuite. Mais la berline royale avait pris du retard et il fut reconnu avant que Bouillé fût à même de le protéger.
Bouillé, à la demande de La Fayette, s'était déjà illustré en 1790, en réprimant la révolte des régiments de Nancy, qui avaient créé des comités de soldats, adhéré au club des jacobins et fraternisé avec la garde nationale. La répression de la révolte de Nancy provoqua une émeute à Paris. La réputation de La Fayette en pâtit.
Cette chanson est remarquable car elle montre bien les sentiments du peuple au regard de l'attitude royale. C'est la trahison d'un père envers ses enfants.