La grande charrette vendéenne culbutée par le char de la République

paroles : citoyen Hache
air de : Le chant du départ


Français livrons enfin nos cœurs à l'espérance
Tout nous présage un sort plus doux
Tout nous dit que bientôt la paix et l'abondance
Vont renaître au milieu de nous.
Déjà de ces hordes atroces
Conspirant contre leur pays
Les chefs parjures et féroces
Sont atteints, jugés et punis.

refrain

    Vive à jamais la République !
    Le traitre Stofflet a vécu
    Et des chouans l'espoir unique (bis)
    L'infâme Charette est vaincu.


Ils croyaient ces brigands par la guerre intestine
Par le feu, les assassinats
Par l'affreux fanatisme et l'horrible famine
Vaincre nos courageux soldats
Vous ignoriez, tourbe exécrable
Vils suppots dela royauté
Qu'un peuple est toujours indomptable
Quand il défend la Liberté.

refrain

Bien loin que le pardon, les bontés, les caresses,
Les dignités et les honneurs
Prodigués sans mesure à ces âmes traitresses,
Mettent un frein à leurs fureurs,
Hélas, les monstres et les parjures
Méprisant la foi des Traités
Veulent faire d'autres blessures
Aux flancs qui les ont enfantés ! ...

refrain

Aveugle en ta fureur ambitieux Charette
De ton pays sanglant bourreau :
Tu ne voyais donc pas qu'en conjurant sa perte
Tu creusais ton propre tombeau ?
Péris et que ta fin tragique
Inspire à tes cruels chouans
Et l'amour de la République
Et l'horreur de tous les tyrans.

refrain

Et vous enfants ingrats, quelle horrible furie
Poussa vos paricides mains
A noyer sans remords votre mère Patrie
Dans le sang des républicains ?
Quoi ! vous assassiniez ceux mêmes,
Qui voulaient votre liberté,
Et rendiez un culte suprême
Aux bourreaux de l'humanité !

refrain

Crédules Vendéens, que l'astuce d'un prêtre
Jointe à l'or, corrupteur des rois
A long-temps égaré, apprenez à connaître
Ce vil ennemi de vos droits
Ils se disaient invulnérables
Ou devaient renaître en trois jours
C'est par des sottises semblables
Qu'on trompe les faibles, toujours.

refrain

Maintenant sans appui, sans forces, sans asyles
Fuyant jusqu'au fond des marais
En vain vous tenteriez peuples des imbéciles
D'éviter le fer des français
De votre secte fanatique
Abjurez les saintes fureurs
Et chérissez la République
Qui veut oublier vos erreurs.

refrain

Et toi rampant valet du tyran d'Angleterre
Qui voulut par tous les forfaits
Asservir à son joug les peuples de la Terre
Quels sont les fruits de tes excès ?
La France triomphante est libre,
Ton nom a jamais détesté
Et les peuples qui ne vont suivre
Que les lois de l'égalité.

Chansons historiques XVIIIe BHVP n°18148

C'est la fin des guerres de Vendée et de la révolte des Chouans. La guerre civile avait débuté en 1793. Son déclenchement étant provoqué par la levée de 300 000 hommes.
Les Vendéens ici ne sont pas vus comme des traitres, mais pire comme des imbéciles qui se sont faits berner. Ce n'est évidemment pas très gentil pour eux. Mais on est loin dans ce texte du ton guerrier et destructeur du chant patriotique qui conseillait aux bons Franaçais d'exterminer les restes des Normands. La République a gagné, elle peut se montrer magnanime, et elle préfère oublier ; surtout que dans cette guerre, les armées républicaines n'ont pas brillé par leur sens de la justice. La répression fut terrible.
Le prêtre astucieux est Guyot de Folleville, un docteur en théologie qui se débrouilla toujours pour tirer son épingle du jeu, jusqu'à ce qu'il finisse sur l'échafaud.
Le rampant valet du tyran d'Angleterre est le Comte d'Artois qui devait débarquer d'Angleterre avec des renforts, incapable de prendre une décision, il dut retourner en Angleterre en abandonnant les Chouans à leur triste sort.
Les Chouans furent toujours victimes des divisions de leurs chefs, qui ne réussirent jamais à mener une vraie action concertée.